ACTIVISTES : Les entreprises à forte valeur boursière en ligne de mire


Articles / vendredi, janvier 11th, 2019
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L’année 2018 marque le grand retour des fonds activistes sur les différentes places financières. Unilever, Bayer, Vivendi, Telecom Italia, Pernod Ricard  en Europe ou en Procter & Gamble aux Etats-Unis, 200 campagnes menées par des fonds activistes ont visé des sociétés ayant une capitalisation boursière supérieure à 1 Md$ dont 20 ayant une capitalisation de plus de 10 Md$.

Particulièrement ciblés : des groupes dont la capitalisation excède 4 milliards d’euros

Les fonds activistes continuent de confirmer leurs ambitions en ciblant dorénavant de plus en plus d’entreprises ayant une forte valeur boursière. Dernière victime en date,  la chaîne de magasins discount Dollar Tree dont le fond activiste Starboard Value a pris 1,7% du capital pour 370 millions de dollars.

Rien de surprenant à l’idée de cibler des entreprises à forte capitalisation. Cette politique reste au coeur des ambitions des activistes : réaliser une plus-value rapide. Autre gros poisson cette année : Procter & Gamble qui a vu l’arrivée du Trian Fund Management  à son capital avec un investissement de 3,5 Md$.

 L’investisseur activiste Nelson Peltz, à la tête du fonds Trian Fund Management

Europe et Asie : 50% de l’activité des fonds activistes

Mais les États-Unis n’ont pas été la seule victime des ces assauts activistes. Et pour cause ! Cette année, les campagnes internationales menées en Europe et en Asie (à l’exception de la Chine dont le marché est fermé à ces fonds) représentent 50 % de l’activité totale de ces fonds.

En Europe, la stratégie reste la même. Miser sur les fortes valeurs boursières. C’est pourquoi, 13 % des entreprises ciblées dans cette zone géographique ont concerné des groupes dont la capitalisation est comprise entre 4 et 9 Md d’euros.

Elliott sur tous les fronts

Géré par le redoutable Paul Singer, Elliott est le fonds qui tire véritablement son épingle du jeu à l’issue de 2018 et en particulier en Europe où il vient de planter ses griffes au sein du capital du géant des spiritueux, Pernod Ricard groupe familial français du CAC 40. Mais le groupe familial pris d’assaut à hauteur de 2,5% de son capital en décembre dernier, est loin d’être la seule victime d’un fond Elliott qui confirme sa croissance sur le marché avec 22 attaques et un total de 4,3 Md$ dépensés sur l’ensemble de l’année 2018.  Le fond activiste revendique 35 Md$ d’encours gérés dans le monde.

Unilever au Royaume-Uni, Bayer en Allemagne, Telecom Italia en Italie, le géant des hedges funds américains semble insatiable en Europe. Mais si le terrain est loin d’être miné, il faudra continuer d’agir avec prudence car la méfiance à l’égard des fonds activistes est toujours bien présente dans cette partie du monde et les chefs d’entreprises européens restent plus que jamais sur le qui-vive pour  préparer leur réponse  en cas d’offensive activiste.

À l’horizon 2019, reste à savoir qu’elles seront les prochaines cibles d’Elliott qui semble désormais ne plus se fixer de limites en matière d’ambitions et de perspectives boursières. La baisse du cours de certaines actions, comme c’est le cas actuellement aux États-Unis, pourraient raviver les appétits des fonds activistes désormais en toute confiance.

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