Reprise du Milan AC par Elliott : les gros profits avant le football !


Articles / dimanche, décembre 16th, 2018
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Qu’est-ce qui a fait tomber l’AC Milan entre les mains du fonds d’investissement Elliott Management ? Certainement pas une passion partagée pour le football. Cette acquisition aurait plutôt été calculée en amont par le fonds américain au féroce appétit, gérant déjà plus de 23 milliards de dollars. Curieusement, dès la vente du club par la holding de Silvio Berlusconi à un mystérieux consortium d’investisseurs chinois, on apprend que ce dernier a contracté un prêt de 335 millions d’euros auprès d’Elliott, à des taux d’intérêts importants !

           Un prêt de 335 millions d’euros auprès d’Eliott

Entre 1986 et 2017, l’AC Milan était associé au nom de Silvio Berlusconi, via la holding financière, Fininvest. Jusqu’à ce que l’ancien président du Conseil italien ne le revende en juin 2017 à un investisseur chinois, Li Yonghong pour 740 millions d’euros, comprenant l’estimation de la valeur du club et ses dettes, estimées à près de 220 millions d’euros. 

Pour boucler le rachat d’un des clubs les plus prestigieux d’Europe (sept Ligues des champions, 18 championnats d’Italie), ce dernier a contracté un prêt de 335 millions d’euros auprès du fonds d’investissement américain Elliott, à des taux d’intérêt importants :  jusqu’à 11% pour certaines tranches. 

De « faux documents bancaires »

Lorsqu’on connaît le penchant d’Elliott pour prêter à des entités en état d’insolvabilité pour mieux les attaquer en justice par la suite, l’on s’interroge alors sur le choix d’un débiteur tel de Li Yonghong et son consortium d’investisseurs chinois.  

Li Yonghong, à la tête d’un consortium d’investisseurs chinois, ayant racheté le Milan AC en 2016 

Selon l’agence Bloomberg, ces investisseurs chinois auraient « fourni de faux documents bancaires » destinés à prouver leur solidité financière lors des négociations initiales. Il s’agit de « documents à l’en-tête de la Bank of Jiangsu Co. censés présenter les mouvements enregistrés sur le compte de la société de l’un des membres du consortium », note Bloomberg qui cite des « sources proches du dossier ».

            Un club acquis par défaut de remboursement

L’investisseur chinois Li Yonghong n’a pas honoré une nouvelle dette contractée auprès d’Eliott, arrivée à échéance. M. Li avait jusqu’au vendredi 6 juillet 2018 pour payer 32 millions d’euros au fonds américain qui les lui avait prêtés pour le rachat du club (en plus des 300 millions d’euros au moment du rachat par le businessman chinois). 

Le fonds américain Elliott, dirigé par Paul Singer, entame alors les formalités pour devenir officiellement propriétaire du club Lombard début juillet 2018. 

Marco Fassone, ancien dirigeant de l’AC Milan, limogé par Elliott en juillet 2018, considéré par le fonds d’investissement comme le principal responsable de la mauvaise gestion du club à l’époque chinoise.

Le groupe américain se verrait bien rester aux commandes du club lombard afin dit-il en surface, de l’aider à retrouver son prestige d’antan. Tout en réalisant une grosse plus-value d’ici quelques années !

« Elliott veut relever le challenge de replacer le club au panthéon des meilleures formations en Europe. Panthéon auquel doit appartenir le Milan AC. Elliott croit également fermement dans l’opportunité de créer de la valeur au Milan AC » 

Paul Singer au sujet de la présence de son fonds d’investissement à la tête des Rossoneri.

         Redorer son image auprès de l’opinion publique

Le fonds a acquis le club pour seulement un peu plus de 300 M€, autrement dit, loin des 740 millions initialement demandés pour le rachat du club ! Une enveloppe importante sera néanmoins nécessaire pour amorcer un vrai plan de relance.

Au-delà d’une potentielle plus-value – qui ne devrait pas représenter un montant important par rapport à la taille du portefeuille d’Elliott – le fonds pourrait également s’offrir un beau succès médiatique en relançant le Milan AC. Une campagne qui ne serait pas de trop pour une entité marqué par son étiquette de fonds vautour connu pour son âpreté sans pitié contre des États aux abois et à l’économie fragile

Lucile Dupin 

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