Facebook admet avoir engagé une agence de relations publiques contre Georges Soros


Articles / jeudi, novembre 15th, 2018
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Situation très délicate pour Facebook à la veille de Thanksgiving aux Etats-Unis. Dans une longue enquête du New-York Times, la firme de Mark Zuckerberg se voit pointée du doigt pour les dérives de ses communicants. Le responsable de la communication de Facebook, Elliot Schrage, admet avoir embauché l’agence de relations publiques Definers notamment accusée d’une campagne de dénigrement contre le financier Georges Soros.

Elliot Schrage, directeur des communications et de la politique de Facebook, a pris la responsabilité d’embaucher Definers Public Affairs. C’est ce qu’il explique dans une note de service interne publiée par le site d’information américain TechCrunch.

« Je savais et j’ai approuvé la décision d’embaucher Definers et des entreprises similaires », écrit Eliott Schrage dans cette note de service à destination des employés de Facebook.

Une enquête sur les « motivations financières de Georges Soros »

Il explique que le travail de cette agence consistait en deux volets : des recherches concernant une éventuelle motivation financière de Georges Soros lorsqu’il s’en est pris verbalement à la firme Facebook en janvier 2018. Le multimilliardaire américain, connu pour ses activités de spéculation sur les devises et actions, lance en effet, en janvier 2018, une attaque acerbe contre Facebook et Google, affirmant que la taille et le comportement « monopolistique » des géants technologiques en ont fait « une menace » pour la société », causant des dommages à la démocratie.

Rebuilding Economics: George Soros
Le financier Georges Soros, Forum économique de Davos, 2011

L’autre volet consistait à en savoir davantage sur l’organisation Freedom from Facebook, auteure notamment d’une pétition afin que Facebook sépare ses services et fasse davantage de transparence quant à la vie privée de ses utilisateurs. « Definers a appris que George Soros finançait plusieurs des membres de l’organisation », écrit Schrage. Definers a donc « préparé et distribué des documents à la presse pour montrer qu’il ne s’agissait pas d’un mouvement populaire spontané ».

Le titre Facebook abandonne un tiers de sa valeur en 4 mois

Il justifie par ailleurs l’embauche de cette agence par la nécessité d’accroître le rayonnement de Facebook. En 2017, « nous étions aussi confrontés à une pression croissante de nos concurrents dans le secteur des technologies et à des médias qui voulaient que le gouvernement nous impose une régulation« , poursuit-il.

Elliot Schrage affirme aussi que le patron de Facebook « Mark (Zuckerberg) et (la numéro 2) Sheryl (Sandberg) « comptaient sur lui pour superviser le travail effectué par Definers« . Dans une réponse interne à cette note de Elliot Schrage, Sheryl Sandberg affirme qu’elle a « reçu un petit nombre de mails dans lesquels Definers était cité« , ce qu’elle nie publiquement. Quant au PDG fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, il affirme n’avoir entendu parler de Definers Public Affairs qu’en lisant l’enquête du New York Times.

Cette nouvelle polémique fait chuter l’action Facebook. Depuis un plus haut historique le 25 juillet 2018, le titre a abandonné plus d’un tiers de sa valeur, soit plus de 180 milliards de dollars de capitalisation.

Lucile Dupin

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